Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/250

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REGRET


L’aïeul, tranquille à l’ombre, aime à lire un vieux livre,
Quand le soleil du soir empourpre l’horizon ;
L’active ménagère ordonne sa maison,
Et se mire, en passant, dans les grands plats de cuivre ;

Il faut aux bruns enfants que la chaleur enivre
Des fruits qu’on se dispute assis sur le gazon ;
Quand viennent les amis, dans la froide saison,
Il leur faut du bon vin qui fasse aimer à vivre !

Toi, que ce rêve heureux tant de fois consola,
Aïeul, épouse, enfants, amis, tous, les voilà ;
Mais aucun n’a son lot, et ton âme est jalouse :

Car tu n’as point — hélas ! Dieu ne l’a pas permis ! —
Le jardin pour l’aïeul, le dressoir pour l’épouse,
Les fruits pour les enfants, le vin pour les amis !