Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/314

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Vienne bien tard le jour que sous votre paupière
S’éteindra le rayon qui me fit anxieux !
Infirme, en attendant ma guérison des cieux,
J’ai, pour vous concevoir, besoin de la matière.

Et je ne songe pas sans défaillir qu’un jour,
Selon que le voudra le tout-puissant Amour,
Avant mes tristes yeux, vos yeux peuvent se clore.

Je ne vous verrai plus que dans mon souvenir,
Ce miroir que le Temps sera prompt à ternir
Et que soupirs et pleurs obscurciront encore.




LES PETITS CHEVEUX


Par ma lèvre et mes doigts ardemment désirés,
O tout petits cheveux échappés et rebelles
Ébauchant sur son front des boucles naturelles
Qu’au flexible persil un Grec eût comparés !

Debout à son miroir, de sa main si légère
Elle prenait plaisir à vous friser encor,
Et moi je contemplais le riche et noir trésor,
Cheveux dont les parfums sont perdus pour la terre !