Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/412

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ANDRÉ THEURIET

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LES ÉTOILES


Viens voir sur la colline, à l’heure où le jour fuit,
Les constellations éclore dans la nuit.
La campagne s’endort silencieuse. Écoute !…
Les rumeurs des pesants chariots sur la route
Vont s’éloignant toujours ; à peine, par moment,
Du fond de quelque ferme un sonore aboîment
Réveille les grands bois absorbés dans leur rêve.
Les vagues des épis qu’un vent tiède soulève
Frissonnent, et l’on sent monter dans l’air obscur
La savoureuse odeur que répand le blé mûr.
Tout là-haut, dans les champs d’azur du ciel immense
La riche floraison des étoiles commence.
Sur les fonds d’or pâli qu’estompe le coteau
Vesper épanoui tremble, comme un lys d’eau
Bercé dans le courant limpide d’une source.