Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/421

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Ta voix, vive et légère, est comme l’eau qui fuit.
Elle chante comme elle, et comme elle soupire.
Des sanglots de la source elle a gardé le bruit ;
Le murmure de l’eau résonne dans ton rire.

Et dans ton âme aussi coule un flot bien caché,
Flot pur d’illusions si doucement versées ;
On croirait que la source où ta lèvre a touché
Laisse en toi sa fraîcheur mêlée à tes pensées.




PROMENADE D’HIVER


L’hiver qui vient, tardif et lent,
Laisse encor les branches flétries
Briller dans le soleil tremblant
Sur les arbres des Tuileries.

Dans le jardin comme autrefois
Elle suit les vieilles allées,
Que le souffle des premiers froids
D’un frisson à peine a troublées.

Elle tient son fils par la main,
Ainsi qu’un jeune camarade ;
L’enfant, que tout charme en chemin,
La distrait dans sa promenade.