Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/54

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Et lorsque le vaisseau, parti pour d’autres mondes,
Escalade les plis démesurés des ondes
Qui l’emportent au ciel brumeux de l’Occident,
Longtemps encor, malgré la vapeur, les cordages
Et les groupes bronzés des matelots sauvages,
Les fleurs de Zante en font un oasis flottant.

Moi-même, aux jours obscurs où mes tristes pensées
Évoquent la beauté des heures éclipsées,
Que de fois j’ai revu, — mirage décevant, —
Ton ciel clair, tes flots bleus semés de pierreries,
Et les riches bouquets de tes barques fleuries,
O Zante, fleur lointaine et douce du Levant !




SOIR D’ÉTÉ


Dans le ciel du couchant, délicat, tendre et clair,
Une étoile faisait trembler sa douce flamme,
Et tes yeux souriants et calmes avaient l’air
De laisser transparaître et luire ta chère âme.

Dans ton petit jardin nous marchions pas à pas,
Et moi je savourais l’émotion profonde
De sentir sur mon bras s’abandonner ton bras.
Oh ! dis ! — nous croyais-tu, comme moi, seuls au monde ?