Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/72

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Est-ce une vierge qui m’attire,
Pâle sous l’or de ses cheveux ?
J’aime et j’étouffe et ne sais dire,
Ô mon cœur fou, ce que tu veux.

Pourquoi, quand les chauds couchants roses
Exaltent les fleurs dans les bois,
Prendre et mordre leurs lèvres closes,
Lèvres d’amantes où tu bois ?

Sur les plages, le long des vagues,
Près de la plainte de la mer,
Oh ! quel grand baiser mes yeux vagues,
Cherchent-ils au fond du ciel clair ?

Pourquoi, quand la lune se lève
Pour dormir sur le cœur du ciel,
Sous sa beauté me perdre au rêve
D’un paisible amour éternel ?

Les jours de printemps, quand l’ivresse
Double et brûle les bois en fleurs,
Pourquoi sous l’air qui me caresse
Sentir mes yeux baignés de pleurs,

Et vouloir jusqu’à la souffrance,
Fou de désir immodéré,
Cet amour, cette joie immense
Toute en mon cœur démesuré ?