Page:Le Parnasse contemporain, III.djvu/73

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VOIX DE FEMME


L’âme écoute toute ravie
Le rossignol qui chante en vous :
Vous feriez adorer la vie,
En l’éclairant de vos yeux doux.

Votre voix a le charme étrange
Les appels d’oiseau dans les bois :
Vous rappelez cette mésange
Qu’un pauvre moine d’autrefois

Écouta pendant cent années
Chanter au fond d’une forêt :
Les fleurs pleuraient passionnées ;
Le moine en silence pleurait.

Car aucun chant n’avait encore
Fait trembler ainsi tout son cœur
C’était parfois comme une aurore,
Ou comme un soir plein de langueur.

Et quand la voix quitta la terre,
Quand l’oiseau se fut envolé,
Le moine pâle au monastère
Revint mourir, inconsolé.