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LE CONVOI DE LA BIEN-AIMÉE
Lorsqu’il sera cloué, cet immense cercueil,
De mes ongles aigus j’ouvrirai ma poitrine
Et je t’en tirerai, surprenante héroïne !
Déjà j’ai revêtu les habits noirs du deuil.
Puisqu’ils sont terminés, les apprêts de mon deuil,
Ainsi qu’en un coffret doublé de sombre moire
Je prendrai dans mon cœur ce qui fut mon amour.
Et sur ce bel Éros, plus âpre qu’un vautour,
Stoïque, je fondrai sans pleur déclamatoire.
Stoïque, je prendrai sans cri déclamatoire,
Je prendrai ton doux nom et l’éclat de tes yeux,
Et le lustre insolent de ta peau mordorée,
Et le parfum exquis de ta bouche adorée,
Et ton baiser subtil, chaste et délicieux.