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atteint mon bras gauche. J’ai beaucoup saigné ; mais ce ne sera rien. Heureusement, ma femme et mon fils n’ont eu aucun mal.

À six heures, après qu’on m’eut pansé et après m’être fait reconnaître à la questure, nous pûmes sortir du Palais-Bourbon. Nous avons été quittes de cette épouvantable affaire pour une forte émotion. »

Chez M. Lemire

M. l’abbé Lemire, député, en quittant la Chambre, a été conduit directement à l’Institut catholique, 74, rue de Vaugirard ; après lui avoir fait appliquer un nouveau pansement, Mgr d’Hulst a accompagné son collègue à son domicile, 28, rue Lhomond.

Le docteur Coiffin, accouru en toute hâte auprès de lui, a rigoureusement consigné la porte du malade. La fièvre est intense, et les graves blessures que l’abbé Lemire a reçues à l’occiput inspirent de sérieuses inquiétudes.

Récit de M. de la Ferronnays

M. de la Ferronnays, en sortant du Palais Bourbon, nous a fait le récit suivant :

— La bombe, lancée de la deuxième tribune du coin, du côté de la droite, est venue donner contre l’angle d’une tribune ; c’est ce qui explique l’épanouissement de l’engin en l’air, et le nombre considérable de spectateurs blessés.

Ils sont actuellement soixante-quatre soignés dans les bureaux, transformés en ambulances. Cette tribune, vous le savez, est publique, et l’on n’a pas besoin de carte pour y pénétrer.

La bombe est venue éclater juste au-dessus de ma tête ; mon pupitre a été réduit en miettes et une lettre que je tenais à la main a été déchirée en deux ; j’ai remis le morceau resté dans ma main au président de la Chambré, comme pièce à conviction.

À mon avis, la bombe était à mèche ; un député du centre m’a dit au moment de l’explosion avoir remarqué une lueur venant de la deuxième tribune de droite (à la droite du président). Elle était remplie de clous énormes de sabotier, noyés dans du plâtre ; c’est ce qui explique le nombre des blessés, qui tous ne sont, je l’espère, que légèrement atteints. La salle des séances est littéralement hachée et pleine d’éclaboussures de sang.

Récit de M. Argeliès

M, Argeliès, député de Seine-et-Oise, nous fait à son tour le récit suivant :

Il était quatre heures à une ou deux minutes près, M. Mirman était à la tribune défendant son élection, un peu trop longuement, et je venais d’en faire l’observation à Clovis Hugues. Mon collègue me répond : « Oui, Mirman traîne ; mais vous allez voir, cela va finir par une fusée. »

À ce moment juste en face de nous, environ entre les 2e et 3e travées des tribunes, une vive lueur se produit, à peu prés un peu plus bas que la balustrade, suivie instantanément d’un premier bruit analogue à un fort coup de revolver et d’un second qui me rappelle exactement le tapage que ferait un assortiment de vaisselle tombant de haut sur le pavé.

Nous appréhendions le jet d’autres bombes et de plus une fumée épaisse remplissait la salle, dégageant une odeur analogue à celle de la poudre.

Nous sommes sortis tranquillement, je dois le dire, et cinq minutes après tout le monde est rentré, et la séance a repris. M. Dupuy n’a pas manifesté la moindre émotion.

J’ai vu l’abbé Lemire qui avait une blessure derrière la tête mais qui, néanmoins, est parti avec Mgr Hulst.

Les spectateurs blessés, qui sont au nombre d’environ soixante, ont aussitôt été répartis dans tous les bureaux de la Chambre, et pansés par des infirmières venues de l’Hôtel-Dieu.

Je les ai visités ; en général leurs blessures ne paraissent pas graves, mais dans les tribunes où ils étaient assis on remarque partout de larges flaques de sang.

Un certain nombre de mes collègues ont ramassé des clous renfermés dans la bombe et qui sont ceux dont se servent les maréchaux-ferrants.

À la Petite Bourse

La Petite Bourse du soir, à la galerie d’Orléans, a été, comme bien l’on pense, très animée. On s’est occupé d’affaires et on a clos avec 13 centimes de baisse sur la rente : c’est insignifiant, et s’il y a eu une certaine faiblesse sur les cours, on est bien loin d un affaissement irraisonné, et d’une panique.

Mais les conversations et les racontars vont leur train. Chacun donné sa petite opinion et dans plusieurs groupes où ne cache point la crainte de voir les criminels s attaquer à la Bourse.

Nous devons à la vérité de déclarer que quelques personnes sérieuses essaient de calmer les timorés.

Dans les théâtres et les cercles

Les théâtres, qui traversent en ce moment une période heureuse, n’ont pas eu trop à se plaindre hier soir. Malgré l’émotion il y avait beaucoup de monde, notamment à l’Opéra Comique, au Vaudeville, aux Nouveautés, aux Folies-Bergères. Les recettes se sont, en somme, maintenues à des chiffres très honorables.

Si le nouvel attentat anarchiste n’avait pas effrayé le public des théâtres, il avait provoqué dans les grands cercles qui avoisinent l’Opéra un émoi considérable.

État nominatif des blessés

Toutes déclarations et vérifications faites la liste dos blessés s’établit ainsi qu’il suit :

1. Aussage {Joseph-Alexandre), représentant de commerce, 121, rue d’Aguesseau, à Boulogne, blessé au bras droit.

2. Mme Laporte, marchande de charbons en gros, 146, rue de la Chapelle, fracture de la rotule gauche.

3. Dutour (Joseph), ingénieur civil, 11, rue Ferront, blessé à Toreille gauche.

4. Le Clech (Albert), députe du Morbihan, 6, rue Thénard, blessé à la main gauche.

5. Dessets (Pierre), infirmier, 93, rue Lafayette, blessé a la tète et au bras gauche.

6. Massât (Antoine), 39 ans, tailleur, 152, rue Montmartre, contusion de la face.

7. Hurpot (Charles), 66 ans. propriétaire, 25, rue du Petit-Musc, blessé au bras gauche.

8. Lanière (Marins), 35 ans, cuisinier, 103, rue Saint-Dominique, blessé à la tête.

9. Rousselle (Pierre), âgé de 40 ans, marchand de vins, 6, rue de Romainville, à Bobigny.

10. Vassard (Albert), 35 ans, brigadier des forêts en Algérie, de passage à Paris, 35, rue du Niger, blessé à la tète.

11. Mme Porcheron (Pauline), 35 ans, rentière, blessée au bras droit.

12. Isaer (Charles), 52 ans, représentant de commerce, 23, rue d’Hauteville, blessé à la tête.

13. Foucault.

14. Mme Foucault, le mari, commissaire à la Compagnie transatlantique, de passage à Paris, hôtel Terminus, tous deux blessés à la tète.

15. Bertol-Graivil, publiciste, 6, rue Descombes, blessures à la tête.

16. Le colonel Vasaili-Rasturel (Juan), de l’armée roumaine, hôtel du Louvre, blessé à la tête.

17. Guiliotier (Jules), 25 ans, célibataire, garçon boulanger, 14, rue du Bouloi, blessé à la tête.

18. Esnault (Pierre-Jacques), 65 ans, rentier, 135, boulevard National, à Clichy, blessé à la tète.

19. Rouby (Louis).

20. Vallerand (Edouard), limonadier, 1, rue Lulli, blessé à l’épaule gauche et au sein gauche.

21. Sénéchal, négociant, 12, rue Aubriot, blessures au front.

22. Vaillant (Auguste), 17, rue de la Raffinerie, à Choisy-le-Roi, blessé au nez et à la jambe droite.

23. Bivort (Jean). 8, rue Roy, blessé à la tête et à la poitrine.

24. Maringer (Georges), 32, boulevard des Italiens, hôtel de Bade, blessé à l’oreille gauche.

25. Bourgoz, 35 ans, né en Suisse, concierge, 12, rue Saint-Fiacre, blessé légèrement à la poitrine.

26. Cordier (Eugène), marchand de vins, 3, rue Saint-Fiacre, demeurant personnellement, 26, rue du Sentier, blessures légères.

27. Sorin (Gaston), 23 ans, négociant à Saujon (Charente-Inférieure), de passage à Paris, Hôtel central de la Bourse du commerce, rue du Louvre, blessé à la tête et au bras.

28. Sorin (Fernand), né à Royan (Charente-Inférieure), même adresse, blessé à la tête et au bras.

29. Doux (Charles], marchand de vins, impasse Saint-Ambroise, 6, blessé grièvement aux bras, consigné à l’hôpital de la Charité.

30. Talion (Paul), 41 ans, né à Elbeuf, employé de commerce, 71, rue des Batignolles, blessé grièvement à la tête, aux bras et au côté gauche de la poitrine (transporté a son domicile sur l’ordre de M. le procureur de la République).

31. Mme Maudel, née Rosa Wolff, à Vienne (Autriche) 5, rue de la Neva, blessée à la tête,au côté gauche et à la Jambe gauche.

32. M. Sdufflard (Jules), cultivateur, 86, boulevard de Latour-Maubourg, blessé à la tête, fracture du poignet droit.

33. Lenoir (Louis-Théophile), 38 ans, ciseleur, 27, rue Saint-Ambroise, blessé à la tête et aux bras.

34. Gaumet, 54 ans, propriétaire, 202, boulevard Voltaire, blesse à la tête et à la main-gauche.

35. Berger (Robert), 35 ans, loueur de voitures, 5, avenue du Trocadéro, blessé à la tête.

36. Longet (Michel), 62 ans, cultivateur à Verdies (Charente), arrondissement de Ruffec, de passade à Vanves, rue de la Mairie, 14, blessé à la tête et aux deux bras.

37. Mlle Fellauer (Marie), 19 ans, née à Kielt (Pologne), étudiante en lettres, 109, rue Saint-Dominique, chez Mme Carré.

38. Schilliger, huissier à la Chambre des députés, demeurant au Palais-Bourbon, transporté à son logement, très grièvement blessé.

39. M. Fabbé Lemire, député du Nord, plusieurs blessures à la tête.

40. M. le comte de Lanjuinais, député du Morbihan, blessé à la tête.

41. M. Dufaure, député de la Charente-Inférieure, légèrement blessé.

42. M. Elie Cousin, député de l’Hérault, légèrement blessé.

43. M. de la Ferronnays, député de la Loire-Inférieure, légèrement blessé.

44. M. Dumas, député de l’Ariège, légèrement blessé.

45. M. Leffet, député d’Indre-et-Loire, légèrement blessé.

46. M. Le Coupanec, député du Morbilhan, légèrement blessé.

47. M. Allez, lieutenant au 131e de ligne, deux doigts de la main droite coupés. 48. M. Drake del Castilio (Jacques), député d’Indre-et-Loire, blessé aux mains. On a cru un instant qu’il serait nécessaire de faire l’amputation de deux doigts de la main droite, mais après examen, M. le docteur a constaté que les blessures de M. DraKe del Castilio ne présentaient pas le caractère de gravité qu’on redoutait.

49. M. le général Billot, sénateur légèrement atteint à l’épaule par un projectile.

50. M. Ch. Dupuy, président de la Chambre, qui a eu la joue écerchée par un clou.

51. M. de Cazenove de Pradines, députe de la Loire-Inférieure, légèrement blessé.

En outre, une trentaine de personnes, qui n’avaient été atteintes que très légèrement

Blessés en danger

Parmi les blessés les plus sérieusement atteints, citons M. Biyort, l’ancien président des courtiers assermentés près de la Bourse de Paris.

Il se trouvait dans une tribune du premier étage, celle affectée aux officiers généraux. Derrière lui, se tenait son neveu, le sous-préfet de Louhans, M. Maringer.

M. Bivort fut atteint par les éclats du projectile à la tête et au sein gauche. La blessure de la tête, qui a amené une grande effusion de sang, parait peu sérieuse, le projectile a néanmoins contourné et labouré la boîte cranienne sur un assez long parcours.

La plaie de la poitrine inspire de plus vives inquiétudes au médecin appelé en hâte auprès du blessé, soigné en son domicile de la rue Roy, le docteur Labbé. Le praticien n’a pas osé encore sonder la profondeur de la plaie, qui parait se prolonger jusqu’au poumon. L’état du blessé était néanmoins tuer soir assez satisfaisant.

M. Maringer a reçu des contusions ne présentant pas la moindre gravité. Ce fonctionnaire doit rejoindre son poste aujourd’hui même.

L’huissier de la Chambre, Schilliger, blessé à la nuque, était hier soir dans un état très grave.

La tribune des sans-cartes

Il résulte des constatations qui ont été faites que l’auteur de l’attentat se trouvait parmi des individus à mine suspecte qui occupaient la tribune publique réservée aux personnes non munies de cartes.

Il y a trois manières pour le public d’assister aux séances de la Chambre : solliciter des cartes d’entrée qui sont envoyées d’avance à domicile ; faire demander, dans la salle d’attente, pendant la séance, un député, qui remet pour le jour même, une carte au solliciteur ; faire queue enfin, à la porte, comme au théâtre, pour profiter de l’une des seize places réservées aux personnes non munies de cartes.

C’est de cette troisième manière que le coupable est entré hier à la Chambre des députés.

Onze heures

Aussitôt après avoir interrogé au palais-Bourbon les dernières personnes qui assistaient à la séance, MM. Meyer, juge d’instruction, Bernard, commissaire de police aux délégations judiciaires, et Fédée, officier de paix aux brigades de recherches, se sont transportés au dépôt où avaient été envoyés douze personnes blessées.

Parmi celles-ci se trouvait, d’après la conviction des magistrats, l’auteur de l’attentat.

Le coupable présumé

M. Meyer et. M. Bernard ont interrogé tous ces individus ; un des blessés a déclaré alors qu’il avait vu, se trouvant dans la tribune d’où la bombe à été jetée, l’anarchiste criminel. Il a signalé, au dépôt parmi les blessés ledit individu. Celui-ci devant cette accusation a pâli et balbutié. Il a nié être l’auteur de l’attentat et a donné son nom, Vincent, demeurant rue Lepic. Un agent s’est rendu à cette adresse, mais l’homme y était inconnu.

Interrogé à nouveau, l’individu a avoué avoir menti et a donné un nom : Daniel, habitant, 18, rue Sainte-Anne. Un inspecteur des recherches est allé rue Sainte-Anne mais, comme la première fois, l’inculpé avait fourni un faux état civil.

Ce nouveau mensonge démasqué, il s’est enfermé dans un mutisme absolu. Des recherches sont faites sur les listes de la préfecture de police où se trouvent inscrits les noms des principaux anarchistes.

D’après les personnes qui étaient aux côtés de l’anarchiste dans la tribune de la Chambre, l’inculpé était vêtu d’un pardessus qu’il n’a pas voulu laisser au vestiaire, malgré les observations des hommes de service.

Cette attitude, dont on se souvint après l’explosion, l’a fait désigner aux magistrats.

Onze heures et demie

La plupart des assistants placés dans la tribune d’où la bombe a été jetée ont été blessés. Le coupable se trouvant parmi eux, les magistrats les ont fait soigner et transporter, les uns à l’infirmerie du dépôt, les autres à l’Hôtel-Dieu et gardés tous à la disposition de la justice.

Voici les noms :

Théophile Menoir, âgé de vingt-sept ans, ouvrier ciseleur, demeurant rue Saint-Ambroise, n° 27. Il a été atteint aux bras et à la tête.

Jules Gillotier, âgé de vingt-cinq ans demeurant rue du Bouloi, n° 14 ; il a le crâne fracturé L’état de ces deux blessés est grave.

Edmond Poussardin, rue d’Allemagne, 133, blessé à la tête.

René Gaumet, boulevard Voltaire, 202 ; Pierre-Jacques Esnault, conseiller municipal de Clichy, boulevard National, 137 ; Henri Bourgoz, âgé de 35 ans, rue Saint Fiacre, 12 Edouard Jolerand, 19 ans, garçon de café, rue de Louvois ; Berger, âgé de 35 ans, loueur de voitures, avenue du Trocadéro, 5 ; Eugène Cordier, vingt-cinq ans, marchand de vins, rue Saint-Fiacre, n° 31.

La plupart des blessés ont été atteints à la tête.

Minuit

M. Meyer, juge d’instruction, et les commissaires de police aux délégations judiciaires sont encore au dépôt, interrogeant l’individu suspect qui a donné un faux état civil. Il est, jusqu’à nouvel ordre,regardé comme l’auteur présumé de l’attentat.

Les soupçons s’étaient d’abord portés sur un des blessés de l’Hôtel-Dieu, M. Lenouy ciseleur. On a fait sur cet homme une enquête, dont les résultats sont tout à son avantage, Il est marié et occupe plusieurs ouvriers ; les billets qui lui ont permis d’assister à la séance de la Chambre lui ont été offerts par un marchand de vins de la rue Saint-Maur.

Cette enquête, faite sur M. Lenoir, ne lui a pas été particulière. Les mêmes recherches ont été opérées à l’égard d’un grand nombre de personnes arrêtées provisoirement et mises ensuite en liberté.

Tous les agents de la préfecture ont été mobilisés à l’effet de recueillir des renseignements sur les individus qui ont été soupçonnés.

Les arrestations qui ont été maintenues sont au nombre d’une quarantaine. Dix des inculpés sont à l’Hôtel-Dieu, un à l’hôpital de la Charité et lés autres au dépôt.


Une heure du matin

Les renseignements sur les blessés écroués au dépôt ont établi d’une façon certaine la non-culpabilité de la plupart d’entre eux.

En procédant par élimination, à une heure du matin, des renseignements restaient à recueillir sur les nommés Auguste Vaillant, Cottin et Talon, anarchistes connus de la préfecture de police et qui n’ont pu ou n’ont pas voulu faire connaître de qui ils tenaient les cartes qui leur avaient permis d’entrer à la Chambre des députés.

Tous les services de la préfecture de police ont été consignés pour la nuit.

On s’attend pour ce matin à l’arrestation des anarchistes qu’on sait être en relations avec Vaillant, Cottin et Talon.

Télégrammes réflexes

Avec les perfectionnements des moyens de transmission des nouvelles, avec les télégraphes et les téléphones, les nouvelles reviennent des départements presque aussi vite qu’elles sont parties de Paris.

C’est ainsi qu’au Petit Journal nous avons été, pendant toute la soirée, en communication avec les places de Marseille, de Bordeaux, du Havre. L’opinion est unanime dans ces grands centres à s’indigner de l’horrible attentat au Palais-Bourbon. Dans les cafés, dans les théâtres, le public se montrait, paraît-il, très excité.

On nous a demandé aussi de divers points de la France des détails et des nouvelles de chaque député, et nous n’avons cessé, trois heures durant, de répondre de notre mieux à nos correspondants.

Eclios de 3pa.rt0-u.-fc Les obsèques du général de division en retraite Lardeur ont été célébrées hier matin. Parti à dix heures de la maison mortuaire, 35, rue Godot-de-Mauroi, le convoi s'est acheminé vers l'église de la Madeleine. Un bataillon du 5" de ligne, commandé par Je colonel de ce régiment, un escadron du 2« cuirassiers et une batterie du 3le d'artillerie rendaient les honneurs. Le deuil était conduit par les deux neveux du défunt ; à leurs côtés figuraient le capitaine Thomet, représentant le ministre de la guerre, et le colonel Courbebaisse, délégué par le général Saussier. Suivaient un grand nombre de généraux.en civil pour la plupart, et les colonels des 1«, 12e, 37a, 28<- dragons, des 2», 4^ et 5<* chasseurs à cheval et un long cortège d'officiers de tous grades. Les cordons du poêle étaient tenus par les généraux Baillod, Correnson, Haubt et Duchesne. inhumation a été faite au cimetière Montparnasse. A l'Institut: ■ L'Académie des sciences morales et politi» qnés a procédé hier à l'élection d'un membre titulaire à la place devenue vacante dans la section de philosophie par suite de la mort de M. Franck. M. Fouillée a été élu au premier tour de scrutin par 23 voix contre 11 accordées à M. Qllé-Laprune. A l'Académie des beaux-arts on a décerné, au début de la séance, le prix Ghaudesaigues, destiné à un jeune, architecte afin qu'il puisse séjourner pendant deux ans en Italie et terminer ses études. Ge prix, dont chaque annuité est de 2,000 francs, a été attribué à M. Binet, élève de M. Laloux. Une première mention a" été décernée à M. Rigault et une deuxième à M. Mûrier. L'Académie a donné ensuite 'comme sujet du prix Achille Leclère (architecture) pour 1893-1894 Une sacristie. Le programme sera mis à la disposition des concurrents à partir du 14 décembre, au secrétariat de l'Institut. Au cours de la séance l'Académie a reçu communication d'une lettre du président de l'Académie de Saint-Luc, à Rome, qui. annonce Ja prochaine célébration du troisième centenaire de la fondation de ce corps savant. L'Académie a aussitôt répondu par un télégramme de félicitations. La séance s'est terminée par la lecture du rapport sur lés envois de Rome, destiné à être publié dans le Journal officiel. La vente annuelle de l'Association des dames françaises se fera les 14, 15 et 16 décembre, au ministère des affaires étrangères, quârd'Orsay. Le produit en sera appliqué, ■partie à secourir les soldats du Dahomey et du Tonkfn, partie à l'organisation des hôpitaux -auxiliaires dont l'a Croix-Rouge est chargée en cas de guerre.' Lés principaux comptoirs seront tenus par Mmes. la comtesse Foucher de Careil, présidente, l'amirale Jaurès, vice-présidente, Mer-son, Qùénedey, Raphaïl, Chardin, etc. La distribution solennelle des récompenses de l'Exposition internationale du Progrès aura lieu demain lundi, au Palais de l'Industrie, sous là présidence de M. Marty, ministre du commerce. Mme la baronne de Mohrenheim est obligée de garder la chambre par suite d'un accident heureusement sans gravité, dont elle a été victime jeudi dernier. Mme de Mohrenheim est tombée dans son escalier et s'est blessée à l'arcade sourcilicre. Le modèle de la médaille destinée aux exposants de Chicago vient d'être déposé à la Monnaie de cette ville. La médaille sera en bronze et aura 87 millimètres de diamètre. Sur la face se trouve le profil en relief de Christophe Colomb, et sur- le revers une allégorie représentant la Jeunesse. Il est probable que ces médailles, comme les diplômes, ne seront pas prêtes avant sijwnois. INFORMA T/ONS P0UTIQi/£S Conseil de cabinet Les ministres se sont réunis hier en couse! de cabinet, au ministère des affaires étrangères, sous la présidence de M. Casimir -Perler. - Us ont examiné l'attitude qu'il convenait de prendre dans la discussion de la proposition de M. Basly tendant à instituerune commission d'enquête sur les grèves du Nord et du Pas-de-Calais. Us ont décidé que le gouvernement se prononcerait lundi contre cette proposition. Le conseil a délibéré ensuite sur les diverses interpellations déposées ou annoncées. Les ministres vont commencer immédiatement l'étude des projets annoncés dans la déclaration lue aux Chambres. Plusieurs de ces projets seront soumis au Parlement dès le début de la session ordinaire. La commission des crédits supplémentaires La commission des crédits supplémentaires a constitué hier son bureau comme suit : président , M . Rouvier ; vice-présidents, MM. Félix Faure et Lockroy ; secrétaires, MM. Maurice Lasserre, Poincaré et Barthou. M. Rouvier a prononcé une courte allocution pour remercier ses collègues, il a conclu en ces termes : Nous répondrons à l'attente de la Chambre et du pays si nous savons allier à un vigilant esprit de contrôle le sentiment du concours que des mandataires républicains doivent au gouvernement de la République et en n'oubliant jamais qu'un sérieux équilibre du budget est la préface nécessaire à toute réforme financière. M. Poincaré, désigné comme rapporteur, ayant.décliné ee mandat en invoquant cette raison qu'il appartenait au cabinet qui a nré-senté le projet de crédits supplémentaires, la commission a choisi M. Cochery qui présentera à bref délai un rapport verbaL BOURSEôiPARlS h-m du 9 décembre Clôture FONDS D'ÉTATS S V1LLE3 30 joiouts.