Page:Le Roy - Réflexions sur la jalousie.djvu/16

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savoir ce qu’on dit. M. de Voltaire ne s’en donne pas toujours la peine.

« Aristote, dit M. de Montesquieu, met au rang des Monarchies l’Empire des Perses & de Lacédémone : mais qui ne voit que l’un étoit un État despotique, & l’autre une Monarchie ? »

« Qui ne voit au contraire, dit M. de Voltaire, pour peu qu’on ait lû, que Lacédémone eut un roi pendant quatre cents ans, ensuite deux rois jusqu’à l’extinction de la race des Héraclides, ce qui fait un période d’environ mille années. L’auteur ne se trompe ici que de dix siécles. »

Mais qui ne sait, repliquerai-je à mon tour à M. de Voltaire, que ce n’est pas le nom de roi qui fait la Monarchie, qu’à Sparte les rois étoient presque sans autorité, que ces prétendus monarques n’étoient au fonds que des magistrats toujours surveillés & quelquefois châtiés par les Éphores. Il est visible que le gouvernement de Sparte étoit une vraie Aristocratie.