Page:Le Théâtre de la Révolution. Le Quatorze Juillet. Danton. Les Loups.djvu/27

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LE 14 JUILLET

— J’ai eu, tout à l’heure, un petit qui ne m’a parlé que de Necker.

— Ah ça ! est-ce que c’est vrai que cette garce d’Autrichienne a foutu nos députés en prison ?


LES BANQUIERS, faisant tinter mystérieusement leurs sacs d’argent sous le nez des promeneurs.

Creps, passe dix, trente et un, biribi… La fortune, messieurs, caressons la fortune !


LES MARCHANDS.

Belle matinée de dimanche. Dix heures. Et le jardin est plein ! Que sera-ce tout à l’heure ?

— Belle montre, et peu de rapport. Ils ne viennent que chercher des nouvelles.

— Bah ! quand on sait s’y prendre !


GONCHON, aux marchands.

Çà mes enfants, remuons-nous, remuons-nous ! Ce n’est pas tout de faire bien ses affaires. Il faut les faire, cela s’entend. Mais il faut aussi être bons patriotes. L’œil au guet, morbleu ! Je vous préviens que cela mijote.


UN MARCHAND.

Vous savez quelque chose, monsieur Gonchon ?


GONCHON.

Attention ! Le grain approche. Tout le monde à son poste ! Et quand le moment sera venu, chauffez-moi ces idiots, et braillez avec ensemble…


UN MARCHAND.

Vive la Nation !


GONCHON, lui donnant une bourrade.

Veux-tu te taire, imbécile !… Vive le duc d’Orléans ! — Après ça, tu peux crier les deux. L’une fera passer l’autre.


CAMILLE DESMOULINS, sortant d’un tripot, excité, riant et bredouillant.

Plumé ! ils m’ont tout pris ! — Je te l’avais bien dit,