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Le uoyage des Princes


ment affligez : On penſe que la crainte de ne recouurer pas le Mirouër de iuſtice ſoit cauſe de ſon mal, partant on remet tout au retour des Fortunez, qui ſont allez au recouurement de ce beau ioyau : Cependant voyla ce grand Empereur humilié ſous la puiſſance d’Amour, cruel vengeur des audaces des hommes : & faudra qu’il paye l’intereſt de ſon offence, auſſi en recognoiſſant ſa legereté, il ſouſpira longuement chaſtié du grand tort qu’il a fait à la beauté parfaite, la quelle il a reiettee de luy par ſon inconſideration.

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DESSEIN DIXIESME.


Les Fortunez reuenus conſolent l’Empereur. Fonſteland fait vne belle partie pour l’amour de Lofnis. Les Fortunez cōcluent auec l’Empereur le voyage en l’hermitage d’Honneur.



CE nous eſtoit vn grand ennuy d’eſtre en ce pais durāt la maladie de l’Empereur, laquelle effaçoit le luſtre de la beauté des ſujets où pretendoyent les ſectateurs de curioſité qui voyageoyent en ſes terres, pourtant noſtre principal deſplaiſir eſtoit, que nous ne trouuions pas ce que nous cherchions. Toutesfois hous temporiſions : d’autant que ſelon le cours des affaires, & nouuelles certaines, les Fortunez eſtoiēt pres de retourner en bref : Ils eſtoyēt le ſujet qui nous retenoit, en eux eſtoit le but de nos pourſuites, pource que