Page:Le dernier des Trencavels 1 Reboul Henri.djvu/16

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vre les caprices de la Muse qui m’entraîne avec elle dans le labyrinthe des affaires humaines, vers les contemplations du passé et de l’avenir.

Avant la prise de Carcassonne par l’armée des croisés du pays français, le vicomte Raymond-Roger Trencavel, qui y demeura victime de la trahison d’un légat, avait confié à mon père son enfant unique à peine âgé de trois ans(4). J’achevais ma neuvième(5) année quand nous fumes réunis dans l’asyle pyrénéen où s’écoulèrent les temps de mon enfance.

J’ai appris de mon père quelles furent les causes de cette horrible guerre qui vint fondre sur l’Occitanie, pendant qu’elle prospérait et s’embellissait, gouvernée par des magistrats de son choix, et soumise à ses seigneurs héréditaires vassaux de Philippe deuxième ou Dieudonné, alors roi des Français(6).

Lorsque le St.-Siège fut occupé par Innocent III, il y avait déjà plus de 50 ans que l’Occitanie et la Provence étaient parsemées de novateurs que l’église romaine poursui-