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introduction.

sentent la réalité économique ou bien si ce ne sont que des formules stéréotypées. En effet de nombreux actes portent la mention « je donne tout ce que j’ai en terre, bois, pré… » [1].

Cependant il semble que les terres soient nombreuses. On les trouve surtout dans les alentours du monastère à Pontigny même[2], à Roncenay[3], Sainte-Procaire[4] et Beugnon ; mais aussi, plus à l’Est, entre Pontigny et Ligny[5] et surtout dans la région de l’Armançon, vers Crécy et Duchy[6] ; et plus au Nord, vers Saint-Florentin et Champtrouvé[7]. Cependant Pontigny reçut aussi des terres arables dans des localités plus éloignées de l’abbaye même : à Villiers et dans ses alentours[8], au Sud dans la région de Chailley et de Bœurs, au Nord[9] ; ou encore vers Chablis, où pourtant Pontigny ne possédait pas de grange[10].

Les acquisitions de bois sont presque aussi nombreuses. Dès sa fondation, l’abbaye se vit attribuer des portions de forêt près de Pontigny même[11] et vers Sainte-Procaire[12]. Mais l’essentiel de ses possessions forestières se situe aux environs de Chailley et de Bœurs, dans la forêt d’Othe[13], bien qu’elle tienne aussi quelques étendues boisées près de Villiers, au bois d’Hervaux[14]. Enfin, vers la fin du siècle, la générosité des comtes de Nevers permet à Pontigny de prendre pied dans le bois de Bar, non loin d’Auxerre[15].

À défaut du bois lui-même, bien souvent les moines se procurèrent des droits d’usage dans la forêt, qui leur permettaient de mener paître leurs animaux, et en particulier leurs porcs, et de se procurer du bois de chauffage et de construction. L’intérêt que représentait la possession de ces droits, explique les nombreux accords que l’abbaye passa avec les seigneurs qui les détenaient, et surtout avec les autres établissements religieux de la région, afin de les partager et de délimiter ainsi les pâturages respectifs de chacun, en particulier dans la forêt d’Othe[16].

Quelques vignes furent aussi acquises par les moines pendant cette période, mais leur nombre représente à peine le quart du total des possessions de terres ou de bois. Elles se situent, essentiellement,dans la région toute proche d’Auxerre[17], bien que, vers la fin du siècle, Pontigny reçût une vigne à Irancy, dans le grand vignoble de Saint-Bris, ce qui annonce le futur développement des biens de l’abbaye vers cette localité au xiiie siècle[18].

  1. Ex. : n°73.
  2. nos 84, 95.
  3. nos 92, 96.
  4. nos 85, 88, 97, 104, 113.
  5. nos 86, 87, 91, 102.
  6. nos 120, 128, 130, 136, 140, 141, 143, 145.
  7. N° 144
  8. nos 42, 43, 46, 52.
  9. nos 25, 26, 28, 59, 61, 63, 65, 75.
  10. N° 104.
  11. N° 84.
  12. N° 88.
  13. nos 19, 20, 29, 32, 77, 117.
  14. nos 42, 43.
  15. N° 14.
  16. nos 17, 19, 23, 24, 33, 34, 60, 62, 66, 67, 69, 74.
  17. nos 8, 9, 10, 15, 103.
  18. N° 342.