Page:Leblanc - Ceux qui souffrent, recueil de nouvelles reconstitué par les journaux de 1892 à 1894.pdf/184

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tourait. De sa fenêtre, une femme donnait des ordres. C’était elle, à peine changée, toujours jeune.

Sans perdre une minute, je sonnai. Une bonne m’ouvrit, la concierge de la rue Lafayette. Elle ne me reconnut pas.

M. Lanchon me reçut avec l’empressement d’un homme dont les distractions sont rares. Nous visitâmes ensemble les ruines. Je fus très aimable. Il me retint à dîner.

Mon cœur battait, je l’avoue, quand j’entrai dans le salon. Tout de suite mon intérêt redoubla. Elle était couchée sur une chaise longue et enveloppée de châles.

M. Lanchon me dit :

— Ma fille.

Elle, non plus, ne me reconnut point. On mit la table auprès de son siège et l’on dîna. Elle ne prononça pas un seul mot. Je l’observais. Elle mangeait de côté, toujours étendue. Et il me sembla distinguer quelque chose d’anormal dans sa conformation. Le mystère se compliquait.