Page:Leblanc - Ceux qui souffrent, recueil de nouvelles reconstitué par les journaux de 1892 à 1894.pdf/185

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Le repas fini, M. Lanchon se retira pour fumer. Je m’excusai de ne point le suivre.

— Je préfère, dis-je, tenir compagnie à mademoiselle.

Il nous quitta. Aussitôt, m’approchant d’elle, je lui lançai brutalement :

— Vous ne vous rappelez pas m’avoir déjà vu sous vos croisées, rue Lafayette ?

Elle me regarda, effarée, toute rouge.

J’eus pitié de sa terreur et je fis doucement :

— Soyez sans crainte, je n’en parlerai pas. Seulement, dites-moi, je vous en prie, dites-moi le secret de votre conduite.

Elle recouvrait peu à peu son sang-froid. Ses yeux se ternirent de mélancolie. Et, paraissant se décider, elle articula très bas :

— C’est un bien triste secret, mon-