Page:Leblanc - Contes Heroïques, parus dans Le Journal, 1915-1916.djvu/29

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— Ah ! dit-elle, toute troublée, ils ne sont pas entrés dans ma chambre…

Une émotion croissante la pénétrait. Elle s’assit et attira contre sa poitrine et contre son visage une brassée de fleurs qu’elle baisa ardemment. Mais elle découvrit ainsi sur la table une lettre que les fleurs dissimulaient. Et cette lettre lui était adressée : « À mademoiselle Geneviève. »

Ayant déchiré l’enveloppe, elle se reporta d’abord à la signature : « lieutenant Davrignat ». C’était pour elle un nom inconnu, le nom sans aucun doute du lieutenant qui commandait le détachement. Elle lut la lettre.

« Mademoiselle,

» Mes hommes étaient si las et la pluie tombait si durement que j’ai cru pouvoir leur donner dans votre demeure le repos et l’abri qu’ils méritaient. Quelques tâches, un peu de boue, ce n’est pas bien grave, n’est-ce pas ? Le sang que nous allons verser par là-dessus effacera tout cela, et la belle demoiselle blonde, ainsi qu’ils vous appellent, nous pardonnera.

» La belle demoiselle blonde ! Depuis quatre jours, nous vivons sous son re-