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L’AIGUILLE CREUSE

brutale. Isidore, qu’étreignait un sentiment d’angoisse inconnu, se croisa les bras.

— Bien, marmotta le greffier, et maintenant soyons brefs.

Il tira sa montre.

— Ce brave M. Filleul va cheminer jusqu’à la grille. À la grille personne, bien entendu, pas plus de procureur que sur ma main. Alors il s’en reviendra. Cela nous donne environ quatre minutes. Il m’en faut une pour m’échapper par cette fenêtre, filer par la petite porte des ruines et sauter sur la motocyclette qui m’attend. Reste donc trois minutes. Cela suffit.

C’était un drôle d’être, contrefait, qui tenait en équilibre sur des jambes très longues et très frêles un buste énorme, rond comme un corps d’araignée et muni de bras immenses. Un visage osseux, un petit front bas, indiquaient l’obstination un peu bornée du personnage.

Beautrelet chancela, les jambes molles. Il dut s’asseoir.

— Parlez. Que voulez-vous ?

— Le papier. Voici trois jours que je le cherche.

— Je ne l’ai pas.

— Tu mens. Quand je suis entré, je t’ai vu le remettre dans ton portefeuille.