Page:Leblanc - L’Aiguille creuse, 1912.djvu/147

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
L’AIGUILLE CREUSE
133

parlez si drôlement ! C’est si différent de ce que je croyais !… Oui, je vous imaginais tout autre… Pourquoi de la colère ? des menaces ? Sommes-nous donc ennemis parce que les circonstances nous opposent l’un à l’autre ? Ennemis… pourquoi ?

Lupin parut un peu décontenancé, mais il ricana en se penchant sur le jeune homme :

— Écoutez, mon petit, il ne s’agit pas de choisir ses expressions. Il s’agit d’un fait, d’un fait certain, indiscutable. Celui-ci : depuis dix ans, je ne me suis pas encore heurté à un adversaire de votre force ; avec Ganimard, avec Herlock Sholmès, j’ai joué comme avec des enfants. Avec vous, je suis obligé de me défendre, je dirai plus, de reculer. Oui, à l’heure présente, vous et moi, nous savons très bien que je dois me considérer comme le vaincu. Isidore Beautrelet l’emporte sur Arsène Lupin. Mes plans sont bouleversés. Ce que j’ai tâché de laisser dans l’ombre, vous l’avez mis en pleine lumière. Vous me gênez, vous me barrez le chemin. Eh bien ! j’en ai assez… Brédoux vous l’a dit inutilement. Moi, je vous le redis, en insistant pour que vous en teniez compte. J’en ai assez.

Beautrelet hocha la tête.

— Mais, enfin, que voulez-vous ?