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L’AIGUILLE CREUSE

Il étala le télégramme sur la table, et le frappant d’un coup de poing, s’écria :

— Maintenant, Monsieur Beautrelet, à nous deux !

Beautrelet se mit en posture d’écouter, et Lupin commença, d’une voix mesurée, mais sèche et volontaire :

— Jetons bas les masques, n’est-ce pas, et plus de fadeurs hypocrites. Nous sommes deux ennemis qui savons parfaitement à quoi nous en tenir l’un sur l’autre, c’est en ennemis que nous agissons l’un envers l’autre, et c’est par conséquent en ennemis que nous devons traiter l’un avec l’autre.

— Traiter ? fit Beautrelet d’un ton surpris.

— Oui, traiter. Je n’ai pas dit ce mot au hasard, et je le répète, quoi qu’il m’en coûte. Et il m’en coûte beaucoup. C’est la première fois que je l’emploie vis-à-vis d’un adversaire. Mais aussi, je vous le dis tout de suite, c’est la dernière fois. Profitez-en. Je ne sortirai d’ici qu’avec une promesse de vous. Sinon, c’est la guerre.


Beautrelet semblait de plus en plus surpris. Il dit gentiment :

— Je ne m’attendais pas à cela… vous me