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L’AIGUILLE CREUSE

secrétaire, et à féliciter mon ami Étienne de Vaudreix, alias moi, puisqu’il venge la morale publique en gardant les cinq cent mille francs qu’il a reçus par avance du peu sympathique Cooley. »

« Excusez la longueur de ces lignes, mon cher directeur, et croyez à mes sentiments distingués.

« Arsène Lupin. »


Peut-être Isidore pesa-t-il les termes de cette lettre avec autant de minutie qu’il avait étudié le document de l’Aiguille creuse. Il partait de ce principe, dont la justesse était facile à démontrer, que jamais Lupin n’avait pris la peine d’envoyer une seule de ses amusantes lettres aux journaux sans une nécessité absolue, sans un motif que les événements ne manquaient pas de mettre en lumière un jour ou l’autre.

Quel était le motif de celle-ci ? Pour quelle raison secrète confessait-il son amour, et l’insuccès de cet amour ? Était-ce là qu’il fallait chercher, ou bien dans les explications qui concernaient le sieur Harlington, ou plus loin encore, entre les lignes, derrière tous ces mots dont la signification apparente n’avait peut-être d’autre but que de suggérer la petite idée mauvaise, perfide, déroutante ?…