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L’AIGUILLE CREUSE
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deux fenêtres dont l’une, presque bouchée par un rideau de glycines. L’après-midi, je suis libre, à certaines heures, d’aller et venir dans ce parc, mais sous une surveillance qui ne se relâche pas.

À tout hasard, je t’écris cette lettre et je l’attache à une pierre. Peut-être un jour pourrai-je la jeter par-dessus les murs, et quelque paysan la ramassera-t-il.

Mais ne t’inquiète pas. On me traite avec beaucoup d’égards.

Ton vieux père qui t’aime bien et qui est triste de penser au souci qu’il te donne.

Beautrelet.


Aussitôt Isidore regarda les timbres de la poste. Ils portaient Cuzion, Indre.

L’Indre ? Ce département qu’il s’acharnait à fouiller depuis des semaines !

Il consulta un petit guide de poche qui ne le quittait pas. Cuzion, canton d’Éguzon… Là aussi il avait passé.

Par prudence, il rejeta sa personnalité d’Anglais, qui commençait à être connue dans le pays, se déguisa en ouvrier, et fila sur Cuzion, village peu important, où il lui fut facile de découvrir l’expéditeur de la lettre.