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L’AIGUILLE CREUSE
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— De la barbe ?

— Oui, terminée par deux pointes qui retombent sur un faux col fermant par-derrière, comme le col d’un clergyman. D’ailleurs, il a quelque peu l’air d’un prêtre anglais.

— C’est lui, murmura Beautrelet, c’est lui, tel que je l’ai vu, c’est son signalement exact.

— Comment !… vous croyez ?…

— Je crois, je suis sûr que votre locataire n’est autre qu’Arsène Lupin.

L’histoire amusa Louis Valméras. Il connaissait toutes les aventures de Lupin et les péripéties de sa lutte avec Beautrelet. Il se frotta les mains.

— Allons, le château de l’Aiguille va devenir célèbre… ce qui n’est pas pour me déplaire, car au fond, depuis que ma mère n’y habite plus, j’ai toujours eu l’idée de m’en débarrasser à la première occasion. Après cela, je trouverai acheteur. Seulement…

— Seulement ?

— Je vous demanderai de n’agir qu’avec la plus extrême prudence et de ne prévenir la police qu’en toute certitude. Voyez-vous que mon locataire ne soit pas Lupin ?

Beautrelet exposa son plan. Il irait seul, la nuit, il franchirait les murs, se cacherait dans le parc…