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L’AIGUILLE CREUSE

ment conservé dans la famille du comte, il se trouve depuis cinq ans dans une vitrine…

— Dans une vitrine ?

— Du musée Carnavalet, tout simplement.

— Et ce musée sera ouvert ?…

— D’ici vingt minutes, comme il l’est chaque matin.


À la minute précise où s’ouvrait la porte du vieil hôtel de Mme de Sévigné, Isidore sautait de voiture avec son ami.

— Tiens, M. Beautrelet !

Dix voix saluèrent son arrivée. À son grand étonnement, il reconnut toute la troupe des reporters qui suivaient « l’Affaire de l’Aiguille creuse ». Et l’un d’eux s’écria :

— C’est drôle, hein ! nous avons tous eu la même idée. Attention, Arsène Lupin est peut-être parmi nous.

Ils entrèrent ensemble. Le directeur, aussitôt prévenu, se mit à leur entière disposition, les mena devant la vitrine, et leur montra un pauvre volume, sans le moindre ornement, et qui n’avait certes rien de royal.

Un peu d’émotion tout de même les envahit à l’aspect de ce livre que la reine avait touché en des jours si tragiques, que ses