Page:Leblanc - L’Aiguille creuse, 1912.djvu/249

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
L’AIGUILLE CREUSE
235

de me venger du roi, je l’avais prévenu d’ailleurs… »


Beautrelet s’arrêta, interloqué.

— Quoi ? Qu’y a-t-il ? fit Massiban.

— Le sens n’y est plus.

— En effet, reprit Massiban. « La première est ainsi conçue de me venger du roi… » Qu’est-ce que cela veut dire ?

— Nom de nom ! hurla Beautrelet.

— Eh bien ?

— Déchirées ! Deux pages ! les pages suivantes !… Regardez les traces !…

Il tremblait, tout secoué de rage et de déception. Massiban se pencha :

— C’est vrai… il reste les brides de deux pages, comme des onglets. Les traces semblent assez fraîches. Ça n’a pas été coupé, mais arraché… arraché violemment… Tenez, toutes les pages de la fin portent des marques de froissement.

— Mais qui ? qui ? gémissait Isidore, en se tordant les poings… un domestique ? un complice ?

— Cela peut remonter tout de même à quelques mois, observa Massiban.

— Quand même… quand même… il faut que quelqu’un ait déniché, ait pris ce livre…