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L’AIGUILLE CREUSE

Voyons, vous, Monsieur, s’écria Beautrelet, apostrophant le baron, vous ne savez rien ?… vous ne soupçonnez personne ?

— Nous pourrions interroger ma fille.

— Oui… oui… c’est cela… peut-être saura-t-elle…

M. de Vélines sonna son valet de chambre. Quelques minutes après, Mme de Villemon entrait. C’était une femme jeune, à la physionomie douloureuse et résignée. Tout de suite, Beautrelet lui demanda :

— Vous avez trouvé ce livre en haut, madame, dans la bibliothèque ?

— Oui, dans un paquet de volumes, qui n’était pas déficelé.

— Et vous l’avez lu ?

— Oui, hier soir.

— Quand vous l’avez lu, les deux pages qui sont là manquaient-elles ? Rappelez-vous bien, les deux pages qui suivent ce tableau de chiffres et de points ?

— Mais non, mais non, dit-elle très étonnée, il ne manquait aucune page.

— Cependant, on a déchiré…

— Mais le livre n’a pas quitté ma chambre cette nuit.

— Ce matin ?

— Ce matin, je l’ai descendu moi-même ici