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L’AIGUILLE CREUSE

— Est-ce ainsi qu’il vous est apparu, Mademoiselle ? demanda le juge à Suzanne de Gesvres.

— Oui… ou plutôt non… fit Suzanne en réfléchissant… moi, je l’ai vu de taille moyenne et mince.

M. Filleul sourit, habitué aux divergences d’opinion et de vision chez les témoins d’un même fait.

— Nous voici donc en présence d’une part d’un individu, celui du salon qui est à la fois grand et petit, gros et mince et, de l’autre, de deux individus, ceux du parc, que l’on accuse d’avoir enlevé de ce salon des objets… qui s’y trouvent encore.

M. Filleul était un juge de l’école ironiste, comme il le disait lui-même. C’était aussi un juge qui ne détestait point la galerie ni les occasions de montrer au public son savoir-faire, ainsi que l’attestait le nombre croissant des personnes qui se pressaient dans le salon. Aux journalistes s’étaient joints le fermier et son fils, le jardinier et sa femme, puis le personnel du château, puis les deux chauffeurs qui avaient amené les voitures de Dieppe.

Il reprit :

— Il s’agirait aussi de se mettre d’accord sur la façon dont a disparu ce troisième person-