Page:Leblanc - L’Aiguille creuse, 1912.djvu/329

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
L’AIGUILLE CREUSE
315

ces perles, Beautrelet ! et ces diamants ! l’énormité de ces diamants ! Aucun d’eux qui ne soit digne d’une impératrice ! Le Régent de France n’est pas plus beau !

Il se releva et tendit la main en signe de serment :

— Beautrelet, tu diras à l’univers que Lupin n’a pas pris une seule des pierres qui se trouvaient dans le coffre royal, pas une seule, je le jure sur l’honneur ! Je n’en avais pas le droit. C’était la fortune de la France…

En bas, Ganimard se hâtait. À la répercussion des coups, il était facile de juger que l’on attaquait l’avant-dernière porte, celle qui donnait accès à la salle des bibelots.

— Laissons le coffre ouvert, dit Lupin, toutes les cuves aussi, tous ces petits sépulcres vides…

Il fit le tour de la pièce, examina certaines vitrines, contempla certains tableaux et, se promenant d’un air pensif :

— Comme c’est triste de quitter tout cela ! Quel déchirement ! Mes plus belles heures, je les ai passées ici, seul en face de ces objets que j’aimais… Et mes yeux ne les verront plus, et mes mains ne les toucheront plus.

Il y avait sur son visage contracté une telle expression de lassitude que Beautrelet en éprouva une pitié confuse. La douleur, chez