Page:Leblanc - L’Aiguille creuse, 1912.djvu/65

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
L’AIGUILLE CREUSE
51

qu’il y a eu vol et que rien n’a disparu, c’est que l’objet emporté a été remplacé par un objet identique. Il se peut, je m’empresse de le dire, que ce raisonnement ne soit pas ratifié par les faits. Mais je prétends que c’est le premier qui doive s’offrir à nous, et qu’on n’a le droit de l’écarter qu’après un examen sérieux.

— En effet… en effet… murmura le juge d’instruction, visiblement intéressé.

— Or, continua Isidore, qu’y avait-il dans ce salon qui pût attirer la convoitise des cambrioleurs ? Deux choses. La tapisserie d’abord. Ce ne peut être cela. Une tapisserie ancienne ne s’imite pas, et la supercherie vous eût sauté aux yeux. Restaient les quatre Rubens.

— Que dites-vous ?

— Je dis que les quatre Rubens accrochés à ce mur sont faux.

— Impossible !

— Ils sont faux, a priori, fatalement, et sans appel.

— Je vous répète que c’est impossible.

— Il y a bientôt un an, Monsieur le juge d’instruction, un jeune homme, qui se faisait appeler Charpenais, est venu au château d’Ambrumésy et a demandé la permission de copier les tableaux de Rubens. Cette permission lui fut accordée par M. de Gesvres.