Page:Leblanc - Le Chapelet rouge, paru dans Le Grand Écho du Nord, 1937.djvu/14

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— À merveille ! s’exclama le comte, qui riait franchement. Un crime ! Mais c’est admirable… Et comment ? Par le poison… Le fusil ? »

Elle dit, de plus en plus bas :

« Le poignard… Voyez, ici, sur la droite, cette petite croix… Et puis… et puis… mais oui, regardez cette teinte rougeâtre… Oui…, il y a du sang. »

Vanol tomba sur un fauteuil. Christiane Debrioux et son mari souriaient, Boisgenêt perdait son assurance. À ce moment, tous, ils se dressèrent. Un cri avait jailli, aigre, strident, affreux… un cri qui venait d’au-delà des salons, du côté de la salle à manger.

Ils écoutèrent. Rien. Aucun bruit.

« Qu’est-ce qui se passe ? » murmura le comte d’Orsacq.

Justement Ravenot apparaissait dans le grand salon, un plateau vide en mains, et l’air tranquille.

« Qu’est-ce qu’il y a, Ravenot ?

— Monsieur le comte désire ?…

— Comment mais nous n’avez pas entendu ? On a crié ? »

Ravenot demeurait ébahi et répétait :

« On a crié ? Mais non, monsieur le comte. Si l’on avait crié par ici, j’aurais entendu… J’étais dans l’office avec Amélie… »

D’Orsacq et Boisgenêt voulurent se rendre compte. Ils ne virent rien de suspect. Est-ce que réellement on avait entendu un cri ?



II

Cette question, dès qu’ils furent tous deux revenus dans la bibliothèque, ce fut Boisgenêt qui la posa, et qui ajouta d’une voix de plaisanterie : « Voulez-vous que je vous dise ? Eh bien, je me demande si nous n’avons pas été le jouet d’une illusion. Nous nous trouvions dans un état d’agacement et d’énervement provoqué par les prédictions funambules-