Page:Leblanc - Les Dents du Tigre, paru dans Le Journal, du 31 août au 30 octobre 1920.djvu/23

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— Eh bien, monsieur le préfet, j’affirme qu’un monsieur qui s’occupe de médecine avec beaucoup de compétence et qui soigne des malades comme le faisait Cosmo Mornington, est incapable de se donner une piqûre sans l’entourer de toutes les précautions antiseptiques nécessaires. J’ai vu Cosmo à l’œuvre, je sais comment il s’y prenait.

— Alors ?

— Alors, le médecin a écrit un certificat comme le font tous les médecins quand un indice quelconque n’éveille pas leurs soupçons.

— De sorte que votre avis ?…

— Maître Lepertuis, demanda Perenna en se tournant vers le notaire, lorsque vous fûtes appelé au lit de mort de M. Mornington, vous n’avez rien remarqué d’anormal ?

— Non, rien. M. Mornington était entré dans le coma.

— Il est déjà bizarre, nota don Luis, qu’une piqûre, si mauvaise qu’elle soit, produise des résultats si rapides. Il ne souffrait pas ?

— Non… ou plutôt si… si, je me rappelle, le visage offrait des taches brunes que je n’avais pas vues la première fois.

— Des taches brunes ? Cela confirme mon hypothèse ! Cosmo Mornington a été empoisonné.

— Mais comment ? s’écria le préfet.

— Par une substance quelconque que l’on aura introduite dans une des ampoules de glycéro-phosphate, ou dans la seringue dont se servait le malade.

— Mais le médecin ? ajouta M. Desmalions.

— Maître Lepertuis, reprit Perenna, avez-vous fait observer au médecin la présence de ces taches brunes ?