Page:Leblanc - Les Dents du Tigre, paru dans Le Journal, du 31 août au 30 octobre 1920.djvu/24

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— Oui, il n’y attacha aucune importance.

— C’était son médecin ordinaire ?

— Non. Son médecin ordinaire, le docteur Pujol, un de mes amis précisément, et qui m’avait adressé à lui comme notaire, était malade. Celui que j’ai vu à son lit de mort devait être un médecin du quartier.

— Voici son nom et son adresse, dit le préfet de police qui avait cherché le certificat dans le dossier. Docteur Bellavoine, 14, rue d’Astorg.

— Vous avez un annuaire des médecins, monsieur le préfet ?

M. Desmalions ouvrit un annuaire qu’il feuilleta. Au bout d’un instant, il déclarait :

— Il n’y a pas de docteur Bellavoine, et aucun docteur n’habite au 14 de la rue d’Astorg.

Un assez long silence suivit cette déclaration. Le secrétaire d’ambassade et l’attaché péruvien avaient suivi l’entretien avec un intérêt passionné. Le commandant d’Astrignac hochait la tête d’un air approbateur : pour lui Perenna ne pouvait pas se tromper.

Le préfet de police avoua :

— Évidemment… évidemment… il y a là un ensemble de circonstances… plutôt équivoques… Ces taches brunes… ce médecin… C’est une affaire à étudier…

Et, comme malgré lui, interrogeant don Luis Perenna, il dit :

— Et sans doute, selon vous, il y aurait corrélation entre le crime… possible et le testament de M. Mornington ?

— Cela je l’ignore, monsieur le préfet. Ou alors il faudrait supposer que quelqu’un connaissait le testament. Croyez-vous que ce soit le cas, maître Lepertuis ?

— Je ne crois pas, car M. Mornington semblait agir avec beaucoup de circonspection.

— Et il n’est pas admissible, n’est-ce pas, qu’une indiscrétion ait pu être commise en votre étude ?