Page:Leconte de Lisle - Derniers Poèmes, 1895.djvu/236

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.








Les pages qui précèdent les Poèmes Antiques m’ont attiré de sévères admonestations, tempérées d’ailleurs, je le reconnais volontiers, par beaucoup de bienveillance pour mes vers, ce qui m’a surpris et touché. Les objections qui m’ont été faites peuvent se résumer en peu de mots. On m’avertissait qu’en haine de mon temps je me plaisais à repeupler de fantômes les nécropoles du passé, et que dans mon amour exclusif de la poésie grecque, j’en étais arrivé à nier tout l’art postérieur. Qu’il me soit permis de répondre brièvement à ces graves reproches.

Ranimer les ossuaires est un prodige qui ne s’était point représenté depuis Ézéchiel. Je ne me suis jamais illusionné sur la valeur de mes poèmes archaïques au point de leur attribuer cette puissance, aussi ne me reste-

  1. Paris, Dentu, éditeur, 1855.