Page:Leconte de Lisle - Derniers Poèmes, 1895.djvu/45

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La montagne était bleue et la mer était rose.
Du limpide horizon, dans l’air tout embaumé,
L’Aurore, fleur céleste et récemment éclose,
Semblait s’épanouir sur le monde charmé.

Non moins roses que l’Aube, au bord des vastes ondes,
Les trois Vierges, avec des rires ingénus,
Laissant sur leur épaule errer leurs boucles blondes,
Se jouaient dans l’écume où brillaient leurs pieds nus.

Le sein libre à demi du lin qui les protège,
Une lumière au cœur et l’innocence aux yeux,
Et la robe agrafée à leurs genoux de neige,
Elles allaient, sans peur des hommes et des Dieux.