Page:Leconte de Lisle - Derniers Poèmes, 1895.djvu/48

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FRAGMENT DU PREMIER ACTE




FRÉDÉGONDE, d’une voix basse et haletante.

Ah ! misérable ! mords ta langue. Hors d’ici !
Tais-toi. Tant que je vis, telle que me voici,
Et si bas que je tombe encore, vil serf, sache
Qu’il me suffit d’un geste et d’un mot, pour qu’on hache
En dix morceaux ta chair et tes os. Ne dis rien,
Et va-t’en ! Le conseil est bon. Au chenil, chien !
Au chenil ! Rampe, flatte et lèche, bête immonde !
C’est ta part. Mais crois-moi, prends garde à Frédégonde ;
Ne te retrouve plus jamais sur son chemin,
Et tremble qu’elle songe encore à toi demain !