Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/123

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Or, Mona, du milieu de la mer rude et haute,
Dressait rigidement les granits de sa côte,
Qui, massifs et baignés d’écume et pleins de bruit,
Brisaient l’eau furieuse en gerbes dans la nuit,
Sombres spectres, vêtus de blanc dans ces ténèbres,
Et vomissant les flots par leurs gueules funèbres.

L’Esprit rauque du vent, au faîte noir des rocs,
Tournoyait et soufflait dans ses cornes d’aurochs ;
Et c’était un fracas si vaste et si sauvage,
Que la mer s’en taisait tout le long du rivage,
Tant le son formidable, en cette immensité,
Par coups de foudre et par rafales emporté,