Page:Leconte de Lisle - Poèmes barbares.djvu/213

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.






Sous l’herbe haute et sèche où le naja vermeil
Dans sa spirale d’or se déroule au soleil,
La bête formidable, habitante des jungles,
S’endort, le ventre en l’air, et dilate ses ongles.
De son mufle marbré qui s’ouvre, un souffle ardent
Fume ; la langue rude et rose va pendant ;
Et sur l’épais poitrail, chaud comme une fournaise,
Passe par intervalle un frémissement d’aise.
Toute rumeur s’éteint autour de son repos.
La panthère aux aguets rampe en arquant le dos ;
Le python musculeux, aux écailles d’agate,
Sous les nopals aigus glisse sa tête plate ;
Et dans l’air où son vol en cercle a flamboyé,
La cantharide vibre autour du roi rayé.