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POÈMES BARBARES.

Mille et mille cris, par fusées,
Sortent des bois lourds de rosées ;
Une musique vole aux cieux.
Plongez, de larmes arrosées,
Dans l’Océan mystérieux.

Fuyez, astres mélancoliques,
Ô Paradis lointains encor !
L’aurore aux lèvres métalliques
Rit dans le ciel et prend l’essor ;
Elle se vêt de molles flammes,
Et sur l’émeraude des lames
Fait pétiller des gouttes d’or.
Fuyez, mondes où vont les âmes,
Ô Paradis lointains encor !

Allez, étoiles, aux nuits douces,
Aux cieux muets de l’Occident.
Sur les feuillages et les mousses
Le soleil darde un œil ardent ;
Les cerfs, par bonds, dans les vallées,
Se baignent aux sources troublées,
Le bruit des hommes va grondant.
Allez, ô blanches exilées,
Aux cieux muets de l’Occident.

Heureux qui vous suit, clartés mornes,
Ô lampes qui versez l’oubli !