Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/120

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Un sang coupable... assez, assez de luttes vaines,
D’intarissables pleurs, d’inutiles remords...
Accours ! emporte-moi, Phrygien, sur tes bords.
Achève enfin, Éros, ta victoire cruelle.
Et toi, fille de Zeus, ô gardienne infidèle,
Pallas, qui m’as trahie ; et vous, funestes dieux,
Qui me livrez en proie à mon sort odieux,
Qui me poussez aux bras de l’impur adultère...
Par le fleuve livide et l’Hadès solitaire,
Par Niobé, Tantale, Atrée et le festin
Sanglant ! Par Perséphone et par le noir destin,
Par les fouets acharnés de la pâle Érynnie,
Ô dieux cruels, dieux sourds ! ô dieux, je vous renie !
Viens, ô fils de Priam, je t’aime, et je t’attends.