Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/208

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Ardeur vivante ! Éther ! source immense, invisible,
Qui, pareil en ton cours au torrent invincible,
Dispenses, te frayant mille chemins divers,
La chaleur et la vie au multiple univers,
Salut, Éther divin, ô substance première !
Et vous, signaux du ciel, flamboyante lumière,
Compagnons de la Nuit, toujours jeunes et beaux,
Salut, du vieux Khronos impassibles flambeaux !
Et toi, Nature, habile et sachant toutes choses,
Ceinte d’éclairs, d’épis, d’étoiles et de roses,
Épouse de l’Éther ! toi qui sur nous étends
Comme pour nous bénir tes deux bras éclatants ;
Nature, ô vierge-mère, ô nourrice éternelle,
La vie à flots profonds coule de ta mamelle,
Et les dieux, adorant ta puissante beauté,
Te partagent leur gloire et leur éternité !