Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/217

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Vénérable déesse aux destins fortunés,
Ils ont porté ta gloire aux limites du monde.


LE CHŒUR


Ô reine, ô Niobé, Pythie en proie au dieu,
Tu te lèves, superbe, et les regards en feu,
Et d’un geste apaisant l’assemblée éperdue,
Vers l’Aède inspiré ta main s’est étendue.
Tu parles, ô terreur ! quels discours insensés
De tes lèvres sans frein tombent à flots pressés ?
Ainsi du froid Hémus les neiges ébranlées
S’écroulent avec bruit dans les blanches vallées ;
L’écho gronde en fuyant, et les tristes pasteurs
Hâtent les bœufs tardifs vers les toits protecteurs.
Ton souffle a fait pâlir le divin Interprète :
Sur la lyre aux trois voix le plectre d’or s’arrête,