Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/237

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À l’essieu plein de force il attache soudain
La roue à jantes d’or, à sept rayons d’airain.
Les moyeux sont d’argent aussi bien que le siège.
Le dieu soumet au joug quatre étalons de neige,
Qui, rebelles au frein, mais au timon liés,
Hérissés, écumants, sur leurs jarrets ployés,
Hennissent vers les cieux, de leurs naseaux splendides.
Mais du quadruple effort de ses rênes solides,
Le fils d’Hypérion courbe leurs cols nerveux.
Et le vent de la mer agite ses cheveux ;
Et Séléné pâlit, et les heures divines
Font descendre l’aurore aux lointaines collines.
Le dieu s’écrie ! Il part, et dans l’ampleur du ciel
Il pousse étincelant le quadrige étertel.
L’air sonore s’emplit de flamme et d’harmonie.
L’Océan qui palpite en sa plainte infinie,