Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/262

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Chantent Cérès en chansons alternées.
Durant l’éclat du jour, au milieu des joncs verts,
En d’agrestes cours d’eau, de platanes couverts,
Les unes ont lavé les toiles transparentes,
Les autres ont coupé les moissons odorantes,
Et toutes, délaissant la fontaine ou les champs,
Charment au loin l’écho du doux bruit de leurs chants.
L’heure fuit, le ciel roule et la flamme recule.
La splendide vapeur du flottant crépuscule
S’épanche autour des chars, baignant d’un pur reflet
Ces bras où le sang luit sous la blancheur du lait,
Ces chastes seins, enclos sous le lin diaphane,
Qui jamais n’ont bondi sous une main profane ;
Ces cheveux dénoués, beau voile, heureux trésor,
Que le vent amoureux déroule en boucles d’or.
Sur les blés, les tissus, l’une près l’autre assises,