Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/268

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J’immolai de mes mains ces lions pleins de rage.
Maintenant leur poil fauve est propice au repos,
Plus que la toison blanche arrachée aux troupeaux.
Et-toi, fils de Thétys, Achille au pied agile,
Verse l’onde qui fume en cette urne d’argile,
Et de mon hôte illustre, aux accents inspirés,
D’une pieuse main lave les pieds sacrés.

Il dit, et le jeune homme, à sa voix vénérée,
Saisit l’urne, d’acanthe et de lierre entourée.
Une eau pure et brûlante y coule ; et, gracieux,
Il s’approche d’Orphée aux chants harmonieux :
Ô roi ! mortel issu d’une race divine,
Permets que je te serve. — Et son genou s’incline,
Et ses cheveux dorés, au Sperkhios voués,
Sur son front qui rougit s’épandent dénoués.