Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/289

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Ignorant les combats, ils taillaient au hasard
De leurs grossières mains de noirs abris, sans art ;
Et du sein de ces blocs où paissaient les cavales
D’inhabiles clameurs montaient par intervalles,
Cris des peuples enfants qui, simples et pieux,
Sentaient bondir leurs cœurs en présence des cieux.
Car les temples sacrés, les cités sans pareilles,
Les hymnes qui des dieux enchantent les oreilles,
Dans le sein de la Terre et des mortels futurs
Dormaient prédestinés à des siècles plus mûrs.
Sur la haute montagne où s’allumait l’aurore,
Interrogeant les dieux, qui se taisaient encore
Et dans mon jeune esprit prêt à le contenir,
Déposaient par éclairs le splendide avenir ;
Souvent je méditais, dans le repos de l’âme,
Sur ces peuples pieux purs de crime et de blâme,