Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/296

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Un peuple armé surgir ! Des chevelures blondes,
Sur leurs dos blancs et nus, en boucles vagabondes
Flottaient, et les échos des monts qui s’ébranlaient
De leurs chants belliqueux s’emplissaient et roulaient.
Tel, le vieil Océan aux forces formidables
Amasse un noir courroux dans ses flots insondables,
Se gonfle, se déroule, et, sous l’effort des vents,
À l’assaut des grands caps pousse ses flots mouvants
L’Olympe tremble au bruit, et la rive pressée
Palpite sous le poids, d’écume hérissée.
Ainsi ce peuple fier, aux combats sans égaux
Heurte dans son essor l’antique Pélasgos ;
Et sur ces bords bercés d’un repos séculaire,
Pour la première fois a rugi la colère.

Les troupeaux éperdus, au hasard dispersés,