Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/310

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Irrésistibles dieux à qui nul n’a dit : Non !
Qui contiennent le monde en leurs seins impalpables
Et qui vous jugeront, hommes et dieux coupables !

Hélas ! tel je songeais, chanteur mélodieux ;
J’osais délibérer sur le destin des dieux !
Ils m’ont puni. Bientôt les Kères indignées
Trancheront le tissu de mes longues années ;
La flèche d’Héraclès finira mes remords ;
J’irai mêler mon ombre au vain peuple des morts,
Et l’antique chasseur des forêts centenaires
Poursuivra dans l’Hadès les cerfs imaginaires !
Et depuis, j’ai vécu, mais dans mon sein gardant
Ce souvenir lointain comme un remords ardent.
Pour adoucir les dieux, pour expier ma faute,
J’ai creusé cette grotte où tu sièges, mon hôte ;