Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/321

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Des rives de Pagase aux fleuves de la Thrace.
Je vois le noir Argo sur les flots furieux
S’élancer comme l’aigle à son but glorieux,
Et dans le sein des mers les blanches Kyanées
Abaisser à ta voix leurs têtes mutinées.
Et Kolkos est vaincue ! et remontant aux lieux
Où luit l’ourse glacée à la borne des cieux,
De contrée en contrée, Argo, qu’un dieu seconde,
D’un cours aventureux enveloppe le monde !
Mais, ô crime, ô douleur éternelle en sanglots !
Quelle tête sacrée errant au gré des flots,
Harmonieuse encore et d’un sang pur trempée,
Roule et gémit, du thyrse indignement frappée ?
Iakkhos, Iakkhos ! dieu bienveillant, traîné
Par la fauve panthère ; Iakkhos, couronné
De pampres et de lierre et de vendanges mûres !