Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/320

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Contemporain sacré des âges révolus,
Adieu, Centaure, adieu ! je ne te verrai plus !
Fils de Pélée, adieu. Puissent les dieux permettre
Qu’un jour ton cœur atteigne aux vertus de ton maître.
Sois le plus généreux, le plus beau des mortels,
Le plus brave ! Et des dieux honore les autels.
Salut, divin asile, ô grotte hospitalière !
Salut, lyre docile, à ma main familière !
Dépouilles des lions qu’ici foula mon corps,
Montagnes, bois, vallons, tout pleins de mes accords,
Cieux propices, salut ! ma tâche est terminée.

Il dit, et de Khiron la langue est enchaînée ;
Il semble qu’un Dieu gronde en son sein agité ;
Des pleurs baignent sa face : — Ô mon fils regretté,
Divin Orphée, adieu ! Mon cœur suivra ta trace