Page:Leconte de Lisle - Poëmes antiques, 1852.djvu/77

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


Si le prix de beauté m’est accordé par toi,
Des cités de l’Asie un jour tu seras roi.
L’autre, sévère et calme, et pourtant non moins belle,
Me promit le courage et la gloire immortelle,
Et la force qui dompte et conduit les humains.
Mais la dernière alors leva ses blanches mains,
Déroula sur son cou de neige, en tresses blondes,
De ses cheveux dorés les ruisselantes ondes :
Dénoua sa ceinture, et sur ses pieds d’argent
Laissa tomber d’en haut le tissu négligent ;
Et muette toujours, du triomphe assurée,
Elle sourit d’orgueil dans sa beauté sacrée.
Un nuage à sa vue appesantit mes yeux,
Car la sainte beauté dompte l’homme et les dieux !
Et le cœur palpitant, l’âme encore interdite,
Je dis : Sois la plus belle, ô divine Aphrodite !